28/08/2011
Vacuité
Je viens de faire ce que je ne fais presque jamais. Je viens de lire un article sur l'ouragan Irène, qui s'abat actuellement sur les USA. Si je ne le fais pas, c'est que je crois que les mots qui décrivent ces évênements sont vains. On ne peut pas décrire ça, cette horreur, cette peur ressentie, avec des mots. Et ce surtout si on y était pas. Je doute fortement que les pigistes écrivant en France aient déjà connu ce genre de catastrophe. Certains peut-être. Tous certainement pas. Heureusement. Sauf qu'évidemment, leurs articles manquent alors de ce petit quelque chose qui permet de m'y intéresser. Ils ne sonnent pas vrais. Ils se contentent de relater des faits, d'égrenner des chiffres. La vitesse du vent, le nombre de morts, le nombre de foyers sans électricité, le nombre de personnes évacuées.
Ils ne parlent pas de l'angoisse de ceux qui ne peuvent pas partir. Ils éludent la tristesse de retrouver son foyer dévasté. Ils oublient le courage qu'il faut pour partir, et surtout pour rester. Ils ne disent pas qu'encore une fois, ce sont les pauvres qui vont trinquer en premier. Ils omettent la douleur de perdre un proche dans une telle catastrophe, quand on parle de vous partout, sans que personne ne se soucie qu'il s'agit de vous, tout à la joie compréhensible qu'il s'agisse d'un autre. Ils n'expliquent pas la difficulté de la recontruction, tant du matériel que de l'humain. Surtout de l'humain.
Parce qu'ils ne savent pas. Moi non plus, d'ailleurs. Je ne sais pas en parler, je n'ai pas appris. Je peux m'estimer heureuse de ne pas avoir appris cette souffrance là. J'en connais d'autres, mais qui ne sont pas comparables. J'ignore si je ferais partie de ceux qui restent en vie après tout cela. J'ignore si j'aurais le courage de la recontruction. J'ignore si j'irais aider mon voisin. Je ne peux pas, et ne veux pas savoir.
Et je ne continuerai pas à lire ces articles vides de sens. Pas que ce qui se passe ne me touche pas. Au contraire. Mais parce que les chiffres égrennés sans analyse, sans chercher plus loin que le bout de son nez, cela ne m'intéresse pas. Ca ne fait pas exister ces gens, cela ne rend pas hommage à leur courage, à leur douleur, à leurs efforts.
10:51 Écrit par CriCri dans Coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Tags : ouragan, irène, usa, catastrophe, presse



