28/08/2009

Noir

Comme mes ongles. Cela fait maintenant quelques mois, je dirais presque quelques années que cela n'était pas arrivé. J'ai mis du vernis noir sur mes ongles. Celui qui ne pardonne pas. Celui pour lequel la moindre trace sur le côté d'un ongle se voit horriblement. Ca n'a pas raté. Je ne suis pas douée avec le vernis à ongle. Je ne l'ai jamais été et ne le serais jamais. Tant pis.

J'adore depuis toujours le contraste du noir sur ma peau excessivement blanche. J'aime cette idée que mes ongles se confondent avec mon clavier. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que je trouve ça simplement joli. Et je me rend compte que cela faisait longtemps que je ne parvenais pas à me trouver jolie. Malgré tous mes efforts.

Je veux avancer. Définitivement. Pourquoi avancer? Parce que c'est vital. Simplement. N. est parti. Cela fait presque 3 semaines. Je n'avais rien dit, pas l'envie, pas le courage. C'est chose faite aujourd'hui. Et je renoue doucement avec mes anciennes habitudes. La bague que je portais il y a si longtemps est ressortie du placard. Le vernis noir refait son apparition, je vais sans doute me teindre les cheveux et j'ai recommencé à écrire.

Je me rend compte que je n'étais pas heureuse. J'ai tout fait pour l'être, tout fait pour qu'il le soit. Ca n'a pas marché. Ce que j'ai du mal à comprendre c'est la bizarrerie de cette fin. Alors je me suis isolée. A la campagne. Seule avec moi, avec mes livres, avec des DVD. Seule pour être capable de réfléchir. Et j'ai compris. Il m'a fallu du temps, il m'a fallu des pages. Mais j'ai compris.

Que durant cette relation, je me suis isolée. Je n'ai pas arrêté de me couper de mes amies, au point qu'ici, dans ma région, je n'ai plus personne. Cet isolation était sans doute volontaire, pour faire face au deuil qui me rongeait. J'ai grandit en quelques heures il y a plus de 5 ans. Je suis passée du statut de jeune ado insouciante (ou presque) à celui de jeune femme en reconstruction. Et mes amis, eux, n'ont pas grandit. Il m'a été difficile, par la suite, de rester en contact avec eux. Je n'étais plus sur la même longueur d'onde. J'ai arrêté des choses que je n'aurais pas dû lâcher. Soyons clairs, je n'ai pas eu la vie d'une adolescente normale. Je n'ai pas été en boite tous les week-ends (mais ça ne me manque pas), je n'ai pas fait la fête jusqu'à en finir bourrée (d'ailleurs je ne bois pas), je n'ai jamais fumé de pétard (mais je suis athmatique). Je ne sors pas où presque. Avec N., nous nous étions enfermés dans une routine désagréable, qui ne laissait aucune place aux sorties. Même aller au cinéma relevait de l'exceptionnel, et pourtant, il est à 200m.

Durant ces années, j'ai perdu des amis, de l'insouciance, du temps. J'ai gagné un peu de tendresse, les premières années. Et puis ça c'est gâté. J'avais créé ce blog pour servir d'exutoire, il n'a jamais réellement eu sa place. Je m'interroge aujourd'hui sur le bien fondé où non de lui fournir cette adresse. Je vais sans doute procéder à quelques relectures. Je ne sais pas encore.

J'ai encore besoin de quelques temps de réflexion. Mais la vie continue.

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