19/12/2007
Souvenir souvenir...
C'était il y a quelques années, un mois d'hivers sans doute, fin novembre je crois, je me souviens juste que je revenais d'un voyage scolaire. Je sortais le chien et comme tous les soirs, j'étais pile à l'heure. Il devait être 21h. Je sortais toujours mon chien à 21h. Pas qu'il n'aurait pas pu en être autrement, mais je ne voulais pas que ce soit différent. Tous les soirs, à 21h, je pouvais obtenir l'autorisation de sortir, et d'observer la cité. Cité déjà endormie, calme et silencieuse, sur fond de transactions louches dans les recoins sombres.
21h, c'était l'heure parfaite, ceux de mon âge étaient rentrés (surtout en hivers) et je restais seule, pour quelques minutes, maitresse de cette univers qui n'était pas complètement le mien.
Je me rapelle encore de l'instant ou je suis montée sur le trottoire. Comme toujours poussée par cette envie d'équilibre. Sauf que le chien a tiré, et que ma cheville a plié. Je ressens encore le craquement dans mon pied et la douleur intense qui l'a suivi. Je devais être à 30m de chez moi, séparée néanmoins de ma porte par 6 marches d'escalier. J'ai du mettre 20 bonnes minutes pour y retourner, tirant le chien, pestant et pleurant.
J'ai remonté l'escalier à cloche pied, et je me suis écroulée dans le canapé.
Mes parents, à grand renfort de crèmes, se sont dit que "ça irait". Je n'avais rien, ma cheville n'était pas enflé, rien n'était bleu, tout allais bien. J'en ai rajouté un peu, bien sur. Si sur le coup j'ai vraiment eu mal, les heures qui ont suivi ont été plutôt calmes. Au saut du lit, ça n'a plus été pareil. J'avais mal. Douleur lancinante, traitresse, vive, qui ne me laissait aucun répis, même pas au repos. Et puis il a fallu aller à l'école. Bien sur dans un premier temps, j'ai été dispensée de sport par un mot de mes parents. De toute façon, il faudrait aller voir le médecin.
Je me rapelle de leurs têtes. Leurs? Oui, leurs. Parce que les médecins, ils ne trouvaient rien. Ils m'envoyaient à des collègues, se rejettant la balle les uns les autres, me faisant passer de multiples examens, qui n'ont jamais servi à rien. Bien sur, qu'on ne voyait rien sur la radio. En désespoire de cause, je suis allée à l'hôpital. Après ma 5ème séance de radio, le médecin à décrété que c'était certainement une félure, qu'on ne voyait pas à la radio. J'ai été platrée, je m'en rapellerais toujours, le Week-End du téléthon, moment le plus froid de cette année là. Mais j'avais toujours mal.
J'ai enchainé platres et atelles pendant 6 mois. Mi juin, enfin, je retrouvais l'usage de mon pied, sans douleur, mais avec une interdiction de sport à vie. Du moins tous les sports devant faire usage du pied (vous en connaissez beaucoup, vous, qui ne font absolument pas appel aux pieds?). Autorisé: la natation (pour quelqu'un qui a peur de l'eau, c'est très sympatique) et c'est tout.
Bien sur, on a fini par trouver. Le verdict est tombé, décollement du cartilage. Et ma bonne dame, on peut rien y faire, voyez, sauf l'opération, mais y'a 50% de chances pour que vous ne puissiez plus faire certains mouvements après. Tout de suite, ça met en confiance. Les années qui ont suivi m'ont permis de faire le lien avec une douleur que j'avais fréquement dans la main. Et accessoirement, j'ai eu au moins une semaine de béquilles par an, de mes 13 ans à aujourd'hui. Quand je dis au moins, c'est qu'après les 6 mois de la 1ère année, il m'en a fallu 2 la deuxième. Et bien sur, le moindre excès, je le payais.
Depuis 2 ans, rien. Quelques douleurs, bien sur, mais pas au point de me faire abandonner la marche. J'avais l'espoir qu'avec la fin de la croissance, enfin, cela se tasse (c'est ce qu'on m'avait promis, en même temps à 16 ans, je ne grandissais déjà plus). Je m'étais dit, chouette chouette chouette, je vais y échapper, en avoir fini avec ça... Bien sur j'avais encore les douleurs à la main, qui faisaient que parfois, l'écriture, c'était impossible. Mais reste qu'une attelle au bras est moins génante qu'une paire de béquilles.
Sauf que voila.
Après deux ans d'accalmie, me voila dans l'obligation de faire de nouveau attention. J'ai mal. Vraiment mal. Parfois, ça me torpille, et je boite, alors qu'à d'autres moments, je peux marcher normalement. Je me gamelle dans les escaliers quand ça me prend en montant ou descendant, je renonce définitivement à courir, même juste sur 200m, pour attraper ce train que si je l'ai pas, je vais etre en retard, parce que sinon j'ai mal à en hurler pendant des heures. Je suis donc en retard. A tous mes cours. Tout le temps. Parce que 5minutes pour changer de cours, c'est pas suffisant, même à l'intérieur. Qu'une heure pour manger, quand j'ai 1km a faire aller retour, c'est pas suffisant non plus.
Bientôt les vacances, peut-être que je vais y échapper, peut-être que ça va se calmer... Très honnêtement, j'ai peu d'espoir.
Les voila, les dernières nouvelles. C'est aussi un peu la raison de mon silence, je suis comme qui dirait un peu dépassée par les évènements, en ce moment...
17:52 Publié dans Histoire sans fond | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03/12/2007
Passage furtif
Je me fais rare par ici...
Pourtant, je suis plus que jamais présente sur mon site, comme quoi ma vie sur internet ne s'arrête pas à ce blog. Pour aller voir, c'est ici: www.cabpro91.fluo.net (ce qui est bien, c'est que je ne fais pas du tout de pub, non non, pas du tout)
Pourquoi ne suis-je pas plus présente ici? Je crois que c'est simplement parce que je pense, actuellement, avoir fait le tour de la "question blog". Je n'ai plus l'envie d'écrire, de partager. Enfin si, mais pas comme ça. Un journal intime sur internet ne me satisfait pas. Ce qui ne m'empêchera sans doute pas de revenir parfois, laisser un petit mot ici... Raconter ma vie, ça ne sera peut-être plus ici, ou du moins plus comme ça.
Ne croyez pas que je n'ai rien à raconter... J'ai une vie plutôt très active depuis septembre, voire même depuis Aout... Je n'ai pas vraiment eu le temps de me poser. A peine revenue des vacances, me re-voila sur les routes pour un stage de 3 mois, stage dense en action, mais aussi en émotion et en réflexion. Recemment, il a fallu que je quitte les enfants pour retourner en cours. Plus précisément, c'était jeudi... et le retour à la vie d'étudiante ne s'annonçait pas vraiment facile.
Aujourd'hui ça y est, on peut vraiment dire que c'est fait. Je me suis inscrite ce matin pour ma deuxième année d'école, et là ça ne rigole plus, il va falloir bosser et re bosser. Mais voyons, soyons fous, ça va bien se passer.
Voila, je vous laisse. Je reviendrais ici quand l'envie me prendra. A bientôt, donc!
21:04 Publié dans Histoire sans fond | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


